Auto-entrepreneur et salarié , est-ce possible ?

Création d'entreprise

Vous vous demandez si cumuler les statuts d'auto-entrepreneurs et salarié en même temps est possible ? Vous avez déjà un travail à temps partiel, voire même à temps plein, et vous souhaitez compléter vos revenus ? Comme une grande partie des français, vous rêvez de vous lancer dans une nouvelle activité sans pour autant prendre le risque de perdre les avantages de votre contrat de travail actuel ? Le régime d'auto-entrepreneur est peut-être celui qu’il vous faut ! 


 



Auto-entrepreneur et salarié : quelles professions ?


En principe, il est possible d'être auto-entrepreneur et salarié en même temps, quelque soit son activité (commerciale, artisanale ou encore libérale) et la nature de son contrat (CDI, CDD, intérim etc.). Un tel cumul peut présenter de nombreux avantages.

Attention toutefois aux exclusions et limites suivantes :

  • Certaines activités et professions sont purement et simplement exclues du cumul salarié et auto-entrepreneur. C’est le cas notamment des professions libérales réglementées (professions médicales, commissaires aux comptes, avocat) ou encore certaines activités agricoles qui n’ont pas le droit de se déclarer auto-entrepreneur.
  • Les travailleurs de la fonction publique ont le droit de se déclarer auto-entrepreneur mais sous certaines conditions. Si votre contrat est à temps complet, vous devez obtenir l’aval de votre hiérarchie et votre activité ne pourra pas durer plus de trois ans. Si votre contrat est à temps partiel (moins de 70% de la durée légale), vous devez informer votre hiérarchie.
 











Quelles sont les contraintes du cumul ?

 

Si vous souhaitez cumuler les statuts d'auto-entrepreneur et salarié, il est très important de prendre connaissance des contraintes et limites applicables au préalable. 

Certaines obligations s’appliquent à tous les contrats de travail. Tout salarié a, envers son employeur, un devoir de loyauté. Cela implique, entre autres, de :

  • Ne pas travailler pour le compte de son activité d’auto-entrepreneur sur ses heures de travail salariées
  • Ne pas utiliser le matériel mis à disposition du salarié dans le cadre de son activité principale pour l’exercice de l’activité secondaire
  • Ne pas parler de son entreprise en termes négatifs, sur quelque support que ce soit
  • Informer l’employeur de sa création d’activité auto-entrepreunariale si celle-ci touche le même domaine d’activité ou les mêmes clients que l’entreprise du salarié 

Un manquement à ce devoir de loyauté peut entraîner le licenciement du salarié. Ce devoir de loyauté s’étend également après la rupture du contrat : il est interdit à l’ex-salarié d’exercer une quelconque concurrence déloyale vis-à-vis de son ancienne entreprise. Il ne peut pas la dénigrer, détourner sa clientèle de manière déloyale ou bien créer une activité qui pourrait créer une confusion avec son ancien employeur dans l’esprit des clients ou consommateurs.

1 - Les clauses contractuelles spécifiques

En fonction des métiers, des secteurs et des niveaux de responsabilité, un employeur peut imposer plus ou moins de restrictions à ses salariés, aussi bien pendant la durée du contrat de travail qu’après sa rupture. Ces restrictions peuvent potentiellement empêcher le salarié de se lancer dans une activité particulière ou bien tout simplement l’interdire d’exercer une activité en parallèle de son emploi.

Ces obligations peuvent être aussi bien contenues dans le contrat de travail que dans la convention collective applicable à votre entreprise. Nous vous recommandons donc vivement d’étudier rigoureusement ces deux documents.

2 - La clause d’exclusivité

Une entreprise est en droit de demander à ses employés un engagement exclusif, c’est-à-dire un engagement leur interdisant l’exercice de toute autre activité rémunérée en dehors de leur travail salarié. On peut même trouver ce type de clause d’exclusivité dans des contrats à temps partiel ou à durée déterminée : soyez vigilant donc !

Toutefois, dans l’hypothèse de la création d’entreprise uniquement, cette clause peut être temporairement levée. A partir de la date d’immatriculation de l’auto-entrepreneur au Registre du Commerce et des Sociétés (RCS), celui-ci dispose d’un délai d’un an durant lequel toute clause d’exclusivité lui est inopposable.

3 - La clause de non-concurrence

Dans l’optique de se protéger contre une dispersion trop importante de son savoir-faire une fois le salarié débauché, une entreprise peut inclure dans le contrat de travail ou dans la convention collective une clause de non-concurrence. Son contenu peut être très variable, faites donc bien attention de bien comprendre les tenants et aboutissants de la rédaction de la clause. Cette clause de non-concurrence ne peut prendre effet qu’après la rupture du contrat de travail. 

Afin d’être valide, elle doit être limitée dans le temps, dans l’espace et dans un domaine d’activité défini. Elle doit obligatoirement être rémunérée et protéger les intérêts légitimes de l’entreprise. Si elle ne respecte pas ces critères, il vous est possible de la dénoncer afin de la rendre inopérante. Mais afin de s’éviter un contentieux prud’homal, il est également possible de demander à son employeur de renoncer à cette clause. 
















Le statut de l’auto-entrepreneur est particulièrement adapté pour les personnes cherchant à mettre en place un cumul d’activités. Il permet de tester la viabilité d'une activité sans trop de formalités sans laisser tomber son activité salariée. Mises à part les quelques limites de bon sens posées par la loi, les conventions collectives et les contrats de travail, la liberté entrepreneuriale demeure très importante. Le statut d'auto-entrepreneur changeant chaque année, n'oubliez pas de vous renseignez sur les nouveautés. N’hésitez plus et comme des milliers d'autres auto-entrepreneurs aventuriers, lancez-vous !

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