Cadeaux d'affaires pour les fêtes de fin d'année: ce que vous pouvez déduire

Comptabilité

Les cadeaux d'affaires remis dans le cadre de relations commerciales obéissent à un régime fiscal particulier, dont le respect fait l'objet d'une stricte surveillance de la part de l'administration fiscale.



Dans le cadre de leurs relations d'affaires, les entreprises peuvent être amenées à offrir des cadeaux à leurs clients ou à mettre à leur disposition des biens sans aucune contrepartie financière directe. Ces opérations obéissent à un régime fiscal particulier, dont le respect fait l'objet d'une stricte surveillance de la part de l'administration fiscale.


Régime de TVA applicable aux cadeaux d'affaires

L'interdiction de déduire la TVA grevant les biens offerts sans contrepartie suffisante

Le bien remis à titre gratuit, ou à un prix très inférieur à son prix normal, ne peut pas faire l'objet d'une déduction de TVA.

Cette règle vise principalement les cadeaux d'affaires, entendus au sens large. Ils visent aussi bien les "paniers garnis", caisses de vin ou de champagne remis en fin d'année, que les objets publicitaires qu'une entreprise remet à ses clients dans le cadre de contrats (chaises, tables et parasols remis aux bars par les brasseurs, par exemple).

Remarque : le principe d'interdiction de récupération de la TVA ne vise que les biens. Les cadeaux qui prennent la forme de services (sauf disposition particulière), dès lors qu'ils sont rendus dans l'intérêt de l'entreprise, ouvrent donc droit à déduction.

Deux exceptions au principe de non-déductibilité de la TVA

Les biens de très faible valeur

Qu'ils soient spécialement conçus à titre publicitaire (verres, carafes ou cendriers remis aux cafetiers, notamment) ou non (échantillons de produits, cadeaux de fin d'année aux clients fidèles, par exemple), les biens remis sans contrepartie dont la valeur est regardée comme " très faible " peuvent faire l'objet d'une récupération de la TVA. Toutefois, cette récupération n'est ouverte que pour les objets dont la valeur unitaire n'excède pas 65 euros toutes taxes comprises (TTC). Cette valeur correspond soit au prix d'achat de l'objet par l'entreprise distributrice, soit à son prix de revient lorsque l'entreprise procède elle-même, ou fait procéder pour son propre compte, à sa fabrication. Il convient également d'y inclure les différents frais de distribution à la charge de l'entreprise : frais d'emballage, frais de port, par exemple.

En outre, lorsqu'un cadeau est constitué par la somme de plusieurs objets pouvant être distribués isolément, c'est la valeur totale de l'ensemble qui doit être retenue et non celle de la valeur de chaque article.

Exemple : un cadeau constitué d'un ensemble de deux montres valant chacune 35 euros ne permet pas de déduire la TVA correspondante. De la même manière, en cas de répétition de distributions gratuites, la valeur des objets ne doit pas dépasser 65 euros TTC par an pour un même destinataire.

Les présentoirs publicitaires

Sont notamment concernés les affiches, meubles, panneaux et pancartes. La déduction de la TVA est admise si les trois conditions suivantes sont réunies :

  • le coût des biens remis gratuitement au bénéficiaire qui contribue à la diffusion des produits vendus par l'entité est supporté par cette dernière. La remise des biens peut être faite directement ou par l'intermédiaire d'un grossiste ;
  • les biens en cause doivent, par nature, être destinés à assurer la promotion, la vente, le rangement ou la présentation de produits fabriqués ou commercialisés par l'entreprise ;
  • la remise au bénéficiaire doit apparaître justifiée par les besoins de l'activité commerciale de l'entreprise qui en supporte le coût.
 

Imposition des bénéfices

Les cadeaux faits par l'entreprise sont déductibles du résultat dès lors qu'ils sont faits dans l'intérêt de l'entreprise. Aucune condition liée à la valeur du cadeau n'est donc fixée, cette dernière étant appréciée en fonction d'éléments de fait (taille, activité, par exemple) propres à chaque entreprise.

En revanche, lorsque le montant annuel des cadeaux est supérieur à 3 000 euros, il doit être mentionné :

  • sur le relevé spécial n° 2067 à joindre à la déclaration de résultats des sociétés, quel que soit leur régime fiscal ;
  • sur l'annexe n° 2031 ter à la déclaration de résultats, dans le cadre réservé à cet effet, pour les entreprises individuelles soumises à un régime réel d'imposition.

Toutefois, cette déclaration cesse d'être obligatoire lorsque les objets sont spécialement conçus pour la publicité et que leur valeur ne dépasse pas 30 euros TTC par bénéficiaire, porté à 65 euros TTC pour les exercices clos à compter du 31 décembre 2011. Ces objets ne doivent pas être pris en compte dans la détermination du plafond de 3 000 euros.

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